La vallée de la Chinelle

La Chinelle nature.


La Chinelle est le petit ruisseau qui prend sa source à Franchimont et se jette dans l'Hermeton à Romedenne.












La Chinelle et ses saules pleureurs










Texte de Olivier Rayp
Le Courrier – Vendredi 9 août 1996

Courte et sinueuse, la vallée de la Chinelle fait bien des rencontres intéressantes, en marge des villages de Franchimont et Romedenne qu’elle traverse avant de rejoindre l’Hermeton. En effet, il s’agit tantôt d’une réserve naturelle, tantôt d’une nécropole mérovingienne, tantôt d’un site dolomitique… Le marbre et la dolomie, qui abondent, ont été exploités très tôt dans la région.

Petite rivière issue de la convergence de plusieurs sources et d’un ruisseau surgis des bois au sud de la route Philippeville-Rosée, la Chinelle prend véritablement naissance à Franchimont, au nord du village. Traversant ce dernier, puis Romedenne, la rivière y rejoint l’Hermeton en rive gauche.

Son parcours est donc relativement bref, une dizaine de kilomètres environ. Il traverse pourtant plusieurs sites précieux, dont la richesse intéresse différemment l’archéologue, le naturaliste et l’industriel, sans oublier… l’habitant.



Les richesses du sol… selon l’archéologue.

Plusieurs cimetières mérovingiens ont été retrouvés dans la région : à Surice (66 tombes découvertes au lieu-dit Au Sohy), à Merlemont (aux Wayons, au Tienne de Merlemont, ainsi qu’au Bois de la Forêt où 28 tombes ont été découvertes), à Villers-le-Gambon, ou encore à Franchimont (au Tombois et à la Colline du Tombeau). Ces nécropoles ont fait l’objet de plusieurs séries de fouilles, qui ont permis  de cerner un peu mieux la vie des populations de la région, du début du VIe siècle à la fin du VIIe siècle.



 
Elles étaient d’origine germanique, étant donné l’orientation des sépultures. Leur vocation agricole et industrielle au sens large est également incontestable. Jusqu’en 550, ces groupes occupaient des fonctions surtout axées sur la culture en friche, tout en conservant des activités militaires, comme le montrent les nombreuses armes. Ils développèrent ensuite des activités agricoles et industrielles, l’élevage ainsi que l’artisanat local. Soumises ou assimilées par les propriétaires ou les gérants, la base gallo-romaine se retrouva quant à elle dans la même situation que sous l’occupation romaine. Les modestes sépultures de ces « casati » nous rappellent quelles devaient être leurs pénibles conditions matérielles et sociales : pour eux, être inhumés à côté des maîtres qu’ils avaient servi était sans doute un honneur autant qu’une obligation…
Mais la plupart des habitants des deux villages traversés par la Chinelle, et à fortiori les vacanciers dont de nombreux campeurs, sont tout simplement heureux de se trouver là où ils sont. On en veut pour preuves les nombreuses organisations estivales, épreuves sportives ou plutôt récréatives, toujours assorties d’une fête et de soirées dansantes : après la course de brouettes de Romedenne, dimanche dernier, Franchimont sera ce week-end le théâtre des « 12 Heures de la Chinelle », une course d’endurance motos dont la réputation n’est plus à faire. Enfin, la semaine suivante, aura lieu une épreuve moteur, les « Huit Heures de quad ». Et pourquoi bouderions-nous, un peu plus loin, la fête Saint Roch de Sart-en-Fagne ou le dîner champêtre de Surice ?...

Peu à peu, l’économie et le commerce se sont développés, permettant à divers « potentes » de signaler leur degré de standing au moyen de monuments funéraires , élevés sur leurs morts comme ce fut le cas aux deux nécropoles de Franchimont.

… Selon les habitants.

Ces activités industrielles, les dernières de la région (outre une importante briqueterie à Romedenne), ne sont pas du goût de tous les riverains. Les tirs de mine et les poussières provenant des carrières de dolomie ou encore le bruit lancinant des machines de la scierie-marbrerie ont encore récemment suscité diverses réactions, dont une pétition interpellant les autorités communales et régionales. Pour sa part, la commune mit l’accent sur l’importance de l’emploi dans ces entreprises…





Un barrage sur la Chinelle.



Une habitation rue de la Chinelle.
 

                                                                 Le Moulin de la  Chinelle



Sur le mur, la trace de l'ancienne roue du moulin.


Ancienne roue du moulin.



















La Chinelle sportive.

La Chinelle est aussi bien connue par les sportifs amateurs de moto-cross.
Depuis plus de 30 ans, cet enduro a pris une ampleur extraordinaire, et attire une foule incroyable chaque année à Franchimont.






La Chinelle, c'est un week-end populaire, festif, mais pour les pilotes, c'est une course difficile à gagner.
Un événement auquel tout sportif qui se respecte se doit de participer !
C'est en effet l'une des dernières courses enduro en Europe où pilotes professionnels et amateurs se disputent la victoire sur un circuit tracé dans l’entité de Franchimont – Philippeville.







35.000 passionnés sont au rendez-vous chaque année. Pour beaucoup de fidèles, la Chinelle est considérée comme "LA course de l’année".

La Chinelle: des exploits, des déceptions, des joies et des peines, du soleil et de la pluie, de la poussière et de la boue...
L'enduro le plus célèbre de Belgique et d'Europe se déroule toujours au mois d'août.
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Départ des "12h de la Chinelle 2010" sous la pluie.....